Obligations du personnage-joueur

Type(s) : Point de règle AD&D2
Source(s) Générique : Manuel des joueurs


Chaque fois qu'un personnage-joueur acquiert un engagé, un suivant ou un compagnon d'armes, il contracte toute une série d'obligations régissant ses relations avec lui. Certaines sont évidentes, car elles ont été négociées par avance entre le PJ et le PNJ. Généralement, les contractants se mettent avant toute autre chose d'accord sur le salaire et la durée de l'embauche. Les engagés et les suivants louent leurs services pour une somme d'argent déterminée par jour, par semaine ou par mois, ou pour une somme forfaitaire correspondant au paiement d'une tâche donnée. Les compagnons d'armes reçoivent une partie (généralement une demi-part normale) de tous les trésors récupérés au cours d'une aventure. Mais le personnage-joueur sera bien inspiré de contribuer un peu à leurs dépenses de sa propre poche...

Les autres obligations du personnage-joueur sont très variées. Certaines sont systématiques, et d'autres ne prennent presque jamais effet. Le PJ est généralement censé fournir le gîte et la nourriture au PNJ (à moins que celui-ci n'habite à proximité). C'est l'obligation la plus commune, et elle s'applique aux trois catégories de PNJ évoquées dans ce chapitre. Pour ceux d'entre eux qui se chargent des tâches les plus dangereuses, il faut souvent faire des concessions supplémentaires. Les chevaux étant très chers, les personnages-joueurs doivent être prêts à assumer les coûts des montures éventuellement perdues durant un combat ou autre. On ne peut pas s'attendre à ce qu'un mercenaire achète un cheval avec ses maigres économies. De la même façon, l'équipement de combat indispensable - armes et armures - doit être remplacé par les PJ le cas échéant. Tous les soldats s'engagent avec leur équipement personnel, mais leurs employeurs doivent remplacer les pièces éventuellement perdues à leur service. Les PJ doivent également payer le recours à des moyens de transport particuliers - traversée sur un bateau, chariots pour les excédents de bagages, etc. Et, ce qui n'est pas le plus agréable de leurs devoirs, ils doivent payer un enterrement décent aux PNJ qui travaillent pour eux, si jamais ceux-ci viennent à décéder à leur service.

L'une des plus inhabituelles obligations d'un PJ est celle qui consiste à payer la rançon de ses hommes. Le problème se pose généralement durant les campagnes, puisque la majorité des soldats perdus au cours d'une guerre ne sont pas tués mais capturés par l'ennemi. Au Moyen-âge, la coutume était de restituer ces prisonniers contre une rançon assez élevée. Un fantassin normal pouvait être renvoyé chez lui contre 2 po, un prêtre mineur contre 80 po, l'écuyer d'un chevalier contre 200 po, et un serviteur de roi contre 500 po. Cette rançon devait être payée par le seigneur des prisonniers. En tant que seigneur et maître de ses engagés, suivants et compagnons d'armes, un PJ est tenu de faire de même. Bien entendu, il peut répercuter ses frais sur ses propres sujets et sur la famille des prisonniers. Ainsi, certains hommes languissaient dans les geôles de leur ravisseur pendant fort longtemps avant que l'on ne puisse rassembler la somme nécessaire au paiement de leur rançon. Mais si un PJ paie la rançon d'un PNJ qui lui est attaché, il peut s'attendre à ce que celui-ci fasse preuve d'une grande-loyauté envers lui à l'avenir. Après tout, il a démontré qu'il était prêt à tout pour lui épargner les épreuves et la mort.

Dans un monde fantastique, un personnage-joueur est également tenu de supporter le coût de tous les sorts lancés au profit de ses hommes : bénédiction avant une bataille, ou guérison après, par exemple. Il vaut mieux qu'il ne regarde pas à la dépense, puisqu'après tout ces sorts ont une utilité tactique ; un sort de bénédiction augmente les chances de vaincre de son armée, et des sorts de soins permettent de la remettre plus rapidement sur pied. Toutes ces choses peuvent l'aider non seulement à vaincre, mais aussi à se rendre populaire auprès de ses hommes.

Enfin, un personnage-joueur est tenu de faire un effort pour ressusciter ses compagnons d'armes tués au combat (mais pas ses engagés ou ses suivants, bien que cela puisse arriver dans des cas extrêmes). L'effort en question doit être véritable et honnête : le PJ ne doit pas se dire que s'il ne fait pas le maximum, personne ne le remarquera. Un personnage qui revient d'une aventure sans ses compagnons d'armes devient obligatoirement l'objet de suspicions, quelle que soit la véhémence de ses protestations. Il est dans son intérêt de tout faire pour sauvegarder sa réputation d'employeur juste et honnête.